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P r i n c e s s e d e l a n u i t .
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Par Ostro
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Elle est ma monture, la princesse de la nuit inviolée. Aussi noire donc qu’une nuit sans étoile, l'épique destrier des ténèbres, qui mène son cavalier à la victoire fédératrice.
Elle est la plus parfaite monture à laquelle un cavalier puisse prétendre, sortie tout droit des mondes oniriques. Vive pareil au blizzard qui fouette les sommets, explosive comme l’eau qui jaillit, tombe et se fracasse au pied de la cascade, aussi belle que la plus convoitée des améthystes. Princesse de la Nuit !
Majestueuse monture qui étale toute son envergure dans la course, et se déploie pareil au rapace en chasse. Ses sabots martèlent la terre, comme un forgeron ivre d’effort, donnant le rythme à nos cœurs assoiffés de gloire. Battements de cœur et battements de sabot à l'unisson, Princesse de la Nuit semble flotter dans l'éther.
Sa robe brille des milles feux de la flamme noire des ténèbres. Opaque comme le cœur du mage de La Grande Forêt, impénétrable au temps, sombre comme le voile qui tombe sur les yeux du décapité.
Imprévisible pour quiconque tente d'admirer sa robe de trop près. Les braves qui se risquent à la monter mordent la poussière quand ils ne se brisent pas tout bonnement l'échine. Pour une raison tout aussi obscure qu'elle même, Princesse de la Nuit m'accepte comme cavalier. C'est son vœu, j'en suis honoré.
Malgré les soins que je lui prodigue, elle demeure à jamais libre, jument sauvage défiant l'autorité illégitime des hommes. Elle est l'outil de mes conquêtes, moi Sir Ostro Groinmagnifique Premier. Chevauchant à l’unisson, défiant les barbares de tous les mondes nous avalons les distances au rythme effréné des nuages qui parcourent la terre par tempête. Nous galopons imperturbablement à travers les plaines d'Avalon nous confondant à la nuit qui précède l'aurore.
Quand la bataille gronde, elle sait d'instinct les brèches qui désorganisent l'ennemi, et dans ses charges infernales elle y bondit avec la puissance de feu du boulet
catapulté.
Propulsée a travers les lignes ennemies aucune défense ne résiste. Princesse de la Nuit ne craint ni le feu des enfers, ni le tonnerre de la bataille, ni les séismes du choc
contre les lignes ennemis, ni même la douleur fine et perfide des blessures infligées par les lances. Elle ne connait pas la peur de la mort. Elle est l'ange de la mort qui transcende l'horreur
des visages. Écrasés sont ceux qui s’érigent sur nos routes avant même d'avoir le temps d'implorer leurs divinités belliqueuses ni même de suffoquer.
Notre union symbolise le combat livré contre le Grand Serpent Mitote.
Elle est ma monture. La sauvagerie un instant domptée. Elle est Princesse de la Nuit.
Apatride,
Sans bride.
Orphelin,
Sans lien.
Mécréant sous la lune,
Sans fortune.
Sans condition !
Sans opinion !
Sans compromis !
Ne descendant d'aucune idée.
Enfant de la terre en le ciel
Pétri par les feux de l'enfer
Attisés par le vent des cieux.
Reposant parmis les saisons
Posé sur la couronne des arbres qui vibrent,
Enracinés dans le silence,
S'étendant sans fin comme le serpent Nile...
" Nous ne faisons que passer "
***
Par Ostro
**Nous ne faisons que passer, alors peut importe que nous crèvions. C’est un détail. La mort n'est qu'une représentation psychique du néant. Une aberration mythologique, une ineptie littéraire. Même la médecine l'a définie comme absence de vie. Elle n'existe pas. Il y a juste une absence. Un peu comme avant d'avoir sorti ma tête de la chatte à maman. Chui un pas un inconditionnel des courses en haute montagne, mais le col de l'utérus je l'ai passé haut la tête. Mon premier et j’ai fais un vœux. Celui d'oublier.
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" H o m o S u s S c r o f a "
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L'homme sanglier
* *
Une espèce en voie de création
*
Par Ostro
A présent, il lui fallait être le marcassin de sa propre spiritualité, comme unique vertu de sa survivance. Il se fit géniteur de ses aspirations. Une larme parcoura sa hure dans l’espoir de cingler le sol hydromorphe. Elle se détacha. Le temps semblait suspendu. La larme vint s’écraser au sol.
Une acuité nouvelle présida à sa création alors qu’il foulait les tombeaux de l’Homme. Il inaugurait sans cesse des conquêtes nouvelles. Il parcourait les champs de batailles transformés en sanctuaires, et fut électrisé par la venue du désir auquel se mêla la fièvre, il fut parcouru alors par de légères convulsions, à travers desquelles s’exprimait sa bestialité innocente. Il se rassasia de sa douleur la plus intime face au désolant spectacle dans lequel il avait perdu son âme. Incarnant le despote de ses faiblesses tout autant que le prophète de ses inspirations, le cœur fendu de la vie elle-même, brûlant, fulgurant, incandescent, au service de sa vie, il se répandrait pareil à une super nova, tuant toutes formes d’inerties, toutes inhibitions, tout état figés.
Il voyagerait par delà ses songes, s’élevant par delà la Grande Forêt, donnant sans cesse naissance à des rêves plus grands encore, plus staples, plus fous, brisant les piédestals comme le lierre viendrait faire éclater le marbre. Des rêves destinés à venir fertiliser les nouveaux mondes. Il sentirait sa force grandir, irradier son environnement, se contracter tour à tour et se dilater, se délecter de sa propre densité et se répandre sur le monde, son monde !
Toutes notions seraient alors abolies, jusqu’à rendre le temps aléatoire, l’Histoire anecdotique, même ses tiques hystériques devinrent obsolètes. N’entendait-il pas déjà son instinct grégaire endurer l’agonie ? Il contemplerait sa genèse, sa turpitude, sa joie aussi, son agonie, sa fin proche, revenant sans cesse à lui comme tout suidé reviendrait à sa sylve nourricière. Ô grande forêt de l’être, fragile, puissante, impénétrable, opaque, éclatante pourtant dans ce qu’elle est de plus sombre, pareil au cristal liquide de l’intuition. Il se brisa, se sépara de celui qu’il n’était pas, le quitta le retrouva une dernière fois, se révélant corps et âme à l’inconnu, cet inconnu qui n’attend rien de personne, cet inconnu qui se révélait être sa vérité et dont il ignorait le dessein, lui-même.
Il n’avait jamais été de ce monde, et là résidait sa plus grande peine, mais il appartenait à une autre sphère, et s’était sa félicité. Alors qu'il oeuvrait en lui même il contempla stoïque le déclin de la vieille humanité, par amour et puisqu’il s’en détachait. Cet amour authentique de toutes les saisons, constant mais insondable pourtant, bâtisseur, destructeur, guérisseur puisqu’il allait aboutir au renouveau triomphant. Et par cet acte, il unirait tout forces contradictoires. La triade ne disait t-elle pas « la liberté est le point d’équilibre de toute opposition ? » « Ô vie » ressentait-il. A cet instant sa vie prit tout son sens, et éclaira l’univers tout entier. Sa vie libéra son rêve lacrymale, et à cet instant précis le délégué de son âme découvrit l’entrée. Le gardien contre les autres le laissa en toute conscience rejoindre la source de sa vérité. Des larmes de compensations venaient occire la culpabilité du mensonge, la négation de son être qu’il avait dissimulé si longtemps à la Grande Forêt.
Il était un tueur incompris, mais il avait cessé toutes exactions sanguinaires, excepté à l’encontre de sa vie. Son âme devint grave et sourde comme avant une bataille. Il s’érigea contre son mensonge. La colère le rendait puissant jadis, mais la colère aussi l’avait abandonné. L’homme sanglier cessa de faire couler le sang, et ce sont ses larmes qui coulèrent. Gardien d’une solitude radieuse, ô solitude, ô congruence, ô maîtresse, le précipitant à sa salvatrice détresse, il refusait d’être enfermé parmi les hommes ; il voulait tendre vers les étoiles de ses ancêtres. Après s’être rendu ivre de ce qu’il possédait sans toutefois s’en contenter, « ô mélancolie infinie, je te fais témoin aujourd’hui de ma spiritualité » pensa t-il. Puis de nouveau, il ne l’ignorait pas, il laisserait la morosité fondre sur lui, à l’image du rapace qui plonge sur sa proie. Cette celte et saine déprime, qui le consumerait tout en l’enseignant à lui-même. Cet état cataleptique, qui le déconstruirait pour mieux le reconstruire. Une mélancolie des ruines renvoyant à la mélancolie des runes. Alors s’amorça cette douloureuse et nubile attente qu’on ne saurait associer à la stagnation.
Poursuivant sans relâche son instinct d’homme sanglier, dans un amour tragique, par intelligence intuitive, par beauté, par intelligence de survie aussi, par amour de la vie attisée par le désespoir sûrement, il comprit comment contourner les rouages du déterminisme. Toutes forces qui viendraient s’opposer à lui seraient intégrées, pareil à la matière qui s’éprendrait du trou noir. Après avoir crains son règne il s’en réjouit. Il accepta enfin de se laisser troubler par le monde, afin d’enrichir le royaume d’Ostrowed, ce monde qui lui revenait par devoir. Il s’approcha de la falaise à laquelle des chasseurs jadis l’avaient acculé. Il embrasa du regard l’immensité du vert sanctuaire en bas, au fond duquel s’enfonçait toujours plus loin le serpent antique. Le grand corvidé psychopompe creva les nuées. C’était le signal de la déesse Laie. Il laissa ses mirettes glisser et sauta.
...…
Le bouleversement eut lieu, la révolution éclata dans son coeur jusqu’à en envahir la moindre parcelle de son ADN ; il était ou il ne pensait pas. L’avènement de l'homo Sus Scrofa débuta. L'HOMO SUS SCROFA CESSA DE PENSER, L'HOMO SUS SCROFA ETAIT ENFIN :
« »
"Etre un homme"
Un homme c'est prendre parti pour l'action plutôt que la passion, se laisser porter par les zéphyrs de l'instantané et ne pas laisser ses désirs insolents asservir par la morale des autres, a commencer par celle des femmes, ou même se laisser dominer intégralement par le dit désir. Etre un homme, c’est « humer » les femelles à distance comme on respire, en s'imaginant une multitude de choses dégouttantes et poisseuses, fantasmant sans relâche des êtres doux, charnels et dangereux pour leur intégrité sentimental... les femmes !
Etre un homme c'est feindre la force, et tenir des propos virils, afin de se rassurer dans l'idée que l'on est à la hauteur de l'exigence aveugle des femmes, dictée par la préservation d'un patrimoine génétique favorable à l'encensement. C'est aussi être exaspéré par les rêves de foyer des femmes avec des gosses à la con, un cador à la con et une maison en kit montable à la con dans une banlieue pavillonnaire à la con.
Etre un homme c'est vouloir communiquer son désir et ses passions, être aimé pour ce que l'on est, des êtres fondamentalement honnêtes dans leurs pulsions, régies par des instances primordiales, quelles soient sexuelles bien entendu mais aussi territoriales et hiérarchiques. Il existe donc une remise en question perpétuelle des autres mâles, une volonté de posséder, un esprit de contestation des autres et une volonté farouche de susciter le désir chez l'autre avec une prédominance auprès de la femme, bien que les manières employées soient tragi-comiques, quand elles ne frisent pas carrément la maladresse. Ce qui a le plus souvent le mérite de charmer la gente féminine.
Etre un homme c’est passé de l’illusion de connaître la femme à celui de l’abnégation d’une beauté inaccessible, « la femme dans tous ses états ». Etre un homme c’est trébucher de la conquête des grandes causes à la désolation de son tout petit soi, de la plénitude de la jouissance évanescente à la peur de l’abandon, en doutant de toutes les vérités érigées en dogme absolu, et en ne faisant confiance qu’à ce que la femme résume péjorativement à l’appendice du mâle, mais aussi à des principes qui échappent à tout discernement du sexe opposé, et que les femmes se bornent à nommer « fierté ». Une forme de jalousie sûrement. Tout comme l’homme jalouse secrètement et souvent d’ailleurs à ses dépends la femme d’être aussi forte, par ce que la nature les a constitué ainsi.
Etre un homme c’est puiser son inspiration dans le cœur des femmes et souffrir tour à tour de leur indifférence, de leur rejet, de leur amour envahissant ou de la dépendance qui nous lie à la folie. Enfin être un homme c’est rendre grâce à la femme comme source d’inspiration intarissable. C’est cela être un homme, une profondeur tragique insondable...
PS : être un homme, c'est aussi se réveiller le matin avec une gène qui sonne comme un regret, celle de ne pas avoir dormi sur le dos.
Photo d'un homme, anonyme
" Soliloque avec le cornu
"
Par Ostro
Ô toi le subversif ! Toi l’adversaire utile ! Celui qui remet en cause la
toute bonté du divin créateur et donc sa toute puissance. Celui qui sème aujourd’hui même la plus accomplie des confusions au sein des instances religieuses, théologiques, et même politiques.
Celui qui pour ma part, me pousse au confinement. Tu es le prince de ce monde ! Et nous sommes donc du même monde !
Le pays des
ayatollahs perçoit les USA comme le « Grand Satan ». Et que dire de la gauche qui diabolise le candidat Sarkozy quand ce n’est pas le front national , pour rester dans le ton de
l’actualité ?
Ô toi l’accusateur, je voudrais te consoler. Et ne crois pas que je cherche
à m’attirer tes faveurs, car je sais pertinemment que tu viendra me tourmenter. Là réside le sens de ta vie. Tu donnes de la densité à ma vie. Je ne peux me passer de toi. Comme l‘Homme et la
Femme ne peuvent se passer l’un de l’autre.
Nous ne pouvons nous passer de toi, car notre ennui nous anéantirait. Tu es déjà dissous mais nous te personnifions pour mieux te donner vie. Tu es ce qui demeure hermétique à
notre compréhension. La femme n’est-elle pas incomprise de l’homme ? La plupart des traditions monothéistes n’ont-elles pas placer la femme comme personnification du mal ? Et les femmes qui
accusent les hommes d’être la source de toutes les guerres. Il s’agit dans le fond d’un processus équivalent. L’incrédulité des uns et des autres.
Allons ! Maintenant que théologiens, psychologues et moi le misérable t’avons réduit au « minimum ontologique », un mot, auquel chacun
attribuera le sens qu’il désire, tu dois bien en rire. Cela rajoute à ton prestige. Voilà qui est garant de ta pérennité, car vidé de tout contenu objectif dans la conscience collective, tu
t’épanouis dans l’intarissable imagination de l’homme, ainsi tu es aussi certainement un rempart contre sa folie. Mais en devenant l‘illusionniste, le paraître plus l’être, le travestissement
plutôt que l’authenticité, le mensonge, et par expansion ce virtuel qui par écran interposé s’apprêtent à contrôler l’humanité. Voilà donc la forme que tu épouses aujourd’hui. Le virtuel ! Tu te
mue selon le contexte culturel de l’époque, c’est la ta force, ta capacité d‘adaptation. En toute objectivité, la notion de mal n’est-elle pas culturelle ? Dieu n’est-il pas ton parèdre ? Allons
je ne crois plus ton mythe judéo-chrétiens, héritier des sectes juive apocryphes, elles même influencées par les égyptiens, les babyloniens et les Perses.
Il nous faut nous accepter. Accepter ce vide dans lequel ma vie prendra tout son sens. Je suis né Diable et Dieu est mauvais. Ma vie sera un
combat sans interruption contre toi, contre moi donc, et je t’en remercie.
Et si je crois en toi en mal cosmique, c’est bien par ce que tu m’as déjà rendu visite. Le cosmos, cet inconnu dont le fait d’intérioriser
la plénitude anéantirait les hommes.
La premier pas pour mieux nous appréhender ne serait-il pas de s’extraire de cette dualité, qui nous induit en erreur ?
Gloire à vous, ô prince de ce monde !
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