Samedi 13 décembre 2008
6
13
/12
/Déc
/2008
20:20
Témoignage d'un surdoué
V i v r e q u a n d o n
e s t s u r d o u é
Une des problématiques dégagée par mon expérience, est que la société ne manifeste pas de façon claire le droit à la vie des
surdoués. La preuve, dans le vide juridique qui existe à ce sujet. Ce rejet de la réalité de la
« surdouance » est aussi conforté par le comportement de personnes invoquant le fantasme pour expliquer ce qu'ils
ne peuvent pas rationaliser, malgré la réalité objectivable sur la question, validée à l'heure actuelle par les neurosciences. Posons nous la question suivante : que craignent les individus qui ne veulent pas
reconnaître l'existence du surdoué ? Certains tentent ainsi d'échapper à leur vide existentiel, auquel nul
n'échappe, pas même le surdoué. Ces attitudes de dénigrement expliquent pourquoi nombre de
surdoués s'identifient à une partie marginale mais réelle de la population dont le système sociétaire de valeurs ne
permet que très difficilement l'appartenance à cette entité transcendante de toute définition, symbole civilisationnel des humains :
« la
société » .
Or exister implique être reconnu dans son individualité et accepté comme élément
original constitutif de la société. Or certains surdoués peuvent ressentir le même rejet que les populations
carcérales dépouillées de leur droit civique, les fous internés et cloisonnés par la camisole chimique, les immigrés en provenance de l'hémisphère sud victime du dumping social et déroutés par
le rythme de l'occident, les scientifiques conspués, les chômeurs dévalorisés, les voleurs à la sauvette cleptomanes, les handicapés inadaptés, les bourgeois hais, les groupes patriotes
calomniés par une propagande de gauche, les transsexuels rejetés à la fois par la population hétérosexuelle et homosexuelle. Bien des surdoués ressentent que cette société officielle ne veut pas d'eux jusqu'à en faire une réalité psychologique subjective, ne leur
permettant pas de se développer comme «tout le monde ». Cela constitue une « entrave
biopsychosocioaffective »
à leur développement normal et les conforte d'avantage encore dans leur sentiment d'étrangeté. Il semblerait que
ce mécanisme et ce « sentiment d'être autre » se mette en place au sein de la famille, première cellule sociale de l'enfant surdoué, et à
laquelle comme n'importe quel individu il s'identifiera toute sa vie.
C'est une souffrance de plus à porter pour cette frange d'enfants et d'adultes surdoués, souhaitant malgré tout assumer pleinement leur qualité de vilain petit canard sans être victimisés, calomniés, ignorés ou mis au ban. Certains surdoués ressentent intimement une dimension de l'humanité et de la société qui englobe toutes les autres définitions et surpasse les
approches limitatives et arbitraires formulées à ce sujet. Le surdoué appartient à cette chose qu'il n'explique pas et à laquelle il a pourtant le
sentiment de participer, dans sa façon d'être d'abord et dans sa façon de fonctionner ensuite, que cela plaise ou non. C'est un fait. Le
surdoué ne peut être affranchi de ce qui le constitue avant toute chose et qui s'articule autour de deux principes
fondamentaux : « son autonomie » et «
sa créativité ».
«
Vivre est un droit imprescriptible et inaliénable de
l'humain » qui est bafoué toujours et sans cesse
partout dans le monde, pour une raison qui échappe au discernement du surdoué, qui donne souvent ce sentiment de
tout savoir sur tout, mais qui constitue peut être là un élément constitutif de sa carapace. Ce que le surdoué est intrinsèquement ne lui permet pas d'accepter le déni de son moi souverain, chose qui lui
est pourtant formulé au travers les impératifs de la société. C'est impossible. Il lui faut des règles dans les règles, et si ces règles ne sont pas établies dès l'enseignement de la petite
école, alors l'enfant surdoué les inventera lui même, comme pour rappeler qu'il est avant tout
un «
gardien de la réalité » et la continuité impérieuse de la vie. L'enfant et
l'adulte surdoué sont pourtant semblable à tout homme, malgré ce sentiment étrange d'être totalement autre et celui tout particulier d'être multi-âge.
C'est un sentiment indescriptible. Mais avant que tout cela soit interpréter, il ne faut pas perdre de vue, que le surdoué revendique plus que tout sa part d'être humain
le reliant par la même à toutes les humanités possibles et inconnues. L'universalité et la singularité ne sont-ils pas le propre de chaque être vivant ? Il serait temps de le méditer...
Par L'homme sanglier
-
Publié dans : R E F L E X I O N S
13