Mercredi 12 mars 2008
3
12
/03
/2008
05:24
L'I n t e l l i g e n c e.
Pour en finir avec l'analyse
sempiternelle.
Nous évoquons souvent l'intelligence, dans une vision obtuse, suffisante et
réductrice de ce qu'elle induit qualitativement. C'est cette intelligence qui a permis à l'homme selon les anthropologues de se distinguer nettement du reste du règne
animal, en s'inscrivant dans la société, garante d'une certaine cohésion et garde fou contre l'arbitraire. Cette intelligence qui a permit l'émergence de la pensée, cette pensée
dans laquelle prend germe et prend forme la dualité, les idées, le temps psychologique, l'art, les sciences, la souffrance et l'isolement, la mort. Il faut voir ici le travail de l'intellect.
Il se trouve que cet intellect tend aujourd'hui à prendre le pas sur les autres aspects de la vie des individus. Cet intellect lui même qui oriente une partie de mes propos ici et qui
appartient à ce que nous pourrons désigner comme «l' ère du Cortex tout puissant » (volonté de toute puissance
infantile) ou « règne de la
corticalisation ».
Or cet aspect de l'intelligence, que les neuro-biologistes pourraient nommer « intelligence corticale
», ne rend pas bien
compte des autres dimensions que sous tend l'Intelligence.
Partant du postulat qu'une tête bien faite vaut mieux qu'une tête bien pleine, Montaigne nous enseigne
sans doute que l'intellect devait nous servir à relier et mettre en oeuvre, plutôt que d'accumuler un savoir livresque appelant sans cesse à l'analyse.
C'est à s'y méprendre la révolution scientifique qui s'accomplit aujourd'hui (2008) au sein de la
Science, cette nouvelle religion, avec ses dogmes, ses mandarums, ses réseaux d'influence. C'est la voix du réductionnisme qui s'impose aujourd'hui en temps que conception
épistémologique de l'univers visant à le réduire à une somme de principes fondamentaux et qui traduit l'organique à des phénomènes physico-chimiques, eux mêmes résultats des lois de la
physique. Cette intelligence analytique appelle l'analyse, une quête illusoire.
Dans cette vision on pourrait affirmer que l'intelligence est la somme d'aptitudes, de connaissances ou
de compétences.
Or l'intelligence par définition n'est pas palpable, pas plus qu'elle n'est vraiment quantifiable.
L'intelligence est multiple. Elle transcende littéralement l'analyse. Elle s'oriente elle même, elle se veut elle même, elle est elle même.
Tour à tour l'intelligence se veut intelligence créative, intelligence synthétique, intelligence
sensible ou intelligence intuitive. Cette intelligence est à la fois globale et locale. Vous avez la liberté de l'appeler « intelligence de
Vie », « intelligence du corps » ou « intelligence spirituelle ». L'éthymologie importe peu, car
l'intelligence se suffit à elle même.
En fait, l'analyse est un leurre. Elle n'est même pas fragment de la réalité, bien qu'elle s'efforce
d'en témoigner. Mais l'analyse est englobée par la réalité. En rendre compte c'est déjà la trahir. Cette intelligence passée sous le prisme de l'homo Sus Scrofa (homme sanglier) vous emmerde,
vous aime et vous rie à la gueule...
Par L'homme sanglier
-
Publié dans : R E F L E X I O N S
0
-
Partager