Partager l'article ! Homo Sus Scrofa: " H o m o S u s S c r o f a " * * *L'homme sanglier * * Une espèce en voie de création ...

" H o m o S u s S c r o f a "
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L'homme sanglier
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Une espèce en voie de création
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Par Ostro
A présent, il lui fallait être le marcassin de sa propre spiritualité, comme unique vertu de sa survivance. Il se fit géniteur de ses aspirations. Une larme parcoura sa hure dans l’espoir de cingler le sol hydromorphe. Elle se détacha. Le temps semblait suspendu. La larme vint s’écraser au sol.
Une acuité nouvelle présida à sa création alors qu’il foulait les tombeaux de l’Homme. Il inaugurait sans cesse des conquêtes nouvelles. Il parcourait les champs de batailles transformés en sanctuaires, et fut électrisé par la venue du désir auquel se mêla la fièvre, il fut parcouru alors par de légères convulsions, à travers desquelles s’exprimait sa bestialité innocente. Il se rassasia de sa douleur la plus intime face au désolant spectacle dans lequel il avait perdu son âme. Incarnant le despote de ses faiblesses tout autant que le prophète de ses inspirations, le cœur fendu de la vie elle-même, brûlant, fulgurant, incandescent, au service de sa vie, il se répandrait pareil à une super nova, tuant toutes formes d’inerties, toutes inhibitions, tout état figés.
Il voyagerait par delà ses songes, s’élevant par delà la Grande Forêt, donnant sans cesse naissance à des rêves plus grands encore, plus staples, plus fous, brisant les piédestals comme le lierre viendrait faire éclater le marbre. Des rêves destinés à venir fertiliser les nouveaux mondes. Il sentirait sa force grandir, irradier son environnement, se contracter tour à tour et se dilater, se délecter de sa propre densité et se répandre sur le monde, son monde !
Toutes notions seraient alors abolies, jusqu’à rendre le temps aléatoire, l’Histoire anecdotique, même ses tiques hystériques devinrent obsolètes. N’entendait-il pas déjà son instinct grégaire endurer l’agonie ? Il contemplerait sa genèse, sa turpitude, sa joie aussi, son agonie, sa fin proche, revenant sans cesse à lui comme tout suidé reviendrait à sa sylve nourricière. Ô grande forêt de l’être, fragile, puissante, impénétrable, opaque, éclatante pourtant dans ce qu’elle est de plus sombre, pareil au cristal liquide de l’intuition. Il se brisa, se sépara de celui qu’il n’était pas, le quitta le retrouva une dernière fois, se révélant corps et âme à l’inconnu, cet inconnu qui n’attend rien de personne, cet inconnu qui se révélait être sa vérité et dont il ignorait le dessein, lui-même.
Il n’avait jamais été de ce monde, et là résidait sa plus grande peine, mais il appartenait à une autre sphère, et s’était sa félicité. Alors qu'il oeuvrait en lui même il contempla stoïque le déclin de la vieille humanité, par amour et puisqu’il s’en détachait. Cet amour authentique de toutes les saisons, constant mais insondable pourtant, bâtisseur, destructeur, guérisseur puisqu’il allait aboutir au renouveau triomphant. Et par cet acte, il unirait tout forces contradictoires. La triade ne disait t-elle pas « la liberté est le point d’équilibre de toute opposition ? » « Ô vie » ressentait-il. A cet instant sa vie prit tout son sens, et éclaira l’univers tout entier. Sa vie libéra son rêve lacrymale, et à cet instant précis le délégué de son âme découvrit l’entrée. Le gardien contre les autres le laissa en toute conscience rejoindre la source de sa vérité. Des larmes de compensations venaient occire la culpabilité du mensonge, la négation de son être qu’il avait dissimulé si longtemps à la Grande Forêt.
Il était un tueur incompris, mais il avait cessé toutes exactions sanguinaires, excepté à l’encontre de sa vie. Son âme devint grave et sourde comme avant une bataille. Il s’érigea contre son mensonge. La colère le rendait puissant jadis, mais la colère aussi l’avait abandonné. L’homme sanglier cessa de faire couler le sang, et ce sont ses larmes qui coulèrent. Gardien d’une solitude radieuse, ô solitude, ô congruence, ô maîtresse, le précipitant à sa salvatrice détresse, il refusait d’être enfermé parmi les hommes ; il voulait tendre vers les étoiles de ses ancêtres. Après s’être rendu ivre de ce qu’il possédait sans toutefois s’en contenter, « ô mélancolie infinie, je te fais témoin aujourd’hui de ma spiritualité » pensa t-il. Puis de nouveau, il ne l’ignorait pas, il laisserait la morosité fondre sur lui, à l’image du rapace qui plonge sur sa proie. Cette celte et saine déprime, qui le consumerait tout en l’enseignant à lui-même. Cet état cataleptique, qui le déconstruirait pour mieux le reconstruire. Une mélancolie des ruines renvoyant à la mélancolie des runes. Alors s’amorça cette douloureuse et nubile attente qu’on ne saurait associer à la stagnation.
Poursuivant sans relâche son instinct d’homme sanglier, dans un amour tragique, par intelligence intuitive, par beauté, par intelligence de survie aussi, par amour de la vie attisée par le désespoir sûrement, il comprit comment contourner les rouages du déterminisme. Toutes forces qui viendraient s’opposer à lui seraient intégrées, pareil à la matière qui s’éprendrait du trou noir. Après avoir crains son règne il s’en réjouit. Il accepta enfin de se laisser troubler par le monde, afin d’enrichir le royaume d’Ostrowed, ce monde qui lui revenait par devoir. Il s’approcha de la falaise à laquelle des chasseurs jadis l’avaient acculé. Il embrasa du regard l’immensité du vert sanctuaire en bas, au fond duquel s’enfonçait toujours plus loin le serpent antique. Le grand corvidé psychopompe creva les nuées. C’était le signal de la déesse Laie. Il laissa ses mirettes glisser et sauta.
...…
Le bouleversement eut lieu, la révolution éclata dans son coeur jusqu’à en envahir la moindre parcelle de son ADN ; il était ou il ne pensait pas. L’avènement de l'homo Sus Scrofa débuta. L'HOMO SUS SCROFA CESSA DE PENSER, L'HOMO SUS SCROFA ETAIT ENFIN :
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