
"Etre un homme"
Un homme c'est prendre parti pour l'action plutôt que la passion, se laisser porter par les zéphyrs de l'instantané et ne pas laisser ses désirs insolents asservir par la morale des autres, a commencer par celle des femmes, ou même se laisser dominer intégralement par le dit désir. Etre un homme, c’est « humer » les femelles à distance comme on respire, en s'imaginant une multitude de choses dégouttantes et poisseuses, fantasmant sans relâche des êtres doux, charnels et dangereux pour leur intégrité sentimental... les femmes !
Etre un homme c'est feindre la force, et tenir des propos virils, afin de se rassurer dans l'idée que l'on est à la hauteur de l'exigence aveugle des femmes, dictée par la préservation d'un patrimoine génétique favorable à l'encensement. C'est aussi être exaspéré par les rêves de foyer des femmes avec des gosses à la con, un cador à la con et une maison en kit montable à la con dans une banlieue pavillonnaire à la con.
Etre un homme c'est vouloir communiquer son désir et ses passions, être aimé pour ce que l'on est, des êtres fondamentalement honnêtes dans leurs pulsions, régies par des instances primordiales, quelles soient sexuelles bien entendu mais aussi territoriales et hiérarchiques. Il existe donc une remise en question perpétuelle des autres mâles, une volonté de posséder, un esprit de contestation des autres et une volonté farouche de susciter le désir chez l'autre avec une prédominance auprès de la femme, bien que les manières employées soient tragi-comiques, quand elles ne frisent pas carrément la maladresse. Ce qui a le plus souvent le mérite de charmer la gente féminine.
Etre un homme c’est passé de l’illusion de connaître la femme à celui de l’abnégation d’une beauté inaccessible, « la femme dans tous ses états ». Etre un homme c’est trébucher de la conquête des grandes causes à la désolation de son tout petit soi, de la plénitude de la jouissance évanescente à la peur de l’abandon, en doutant de toutes les vérités érigées en dogme absolu, et en ne faisant confiance qu’à ce que la femme résume péjorativement à l’appendice du mâle, mais aussi à des principes qui échappent à tout discernement du sexe opposé, et que les femmes se bornent à nommer « fierté ». Une forme de jalousie sûrement. Tout comme l’homme jalouse secrètement et souvent d’ailleurs à ses dépends la femme d’être aussi forte, par ce que la nature les a constitué ainsi.
Etre un homme c’est puiser son inspiration dans le cœur des femmes et souffrir tour à tour de leur indifférence, de leur rejet, de leur amour envahissant ou de la dépendance qui nous lie à la folie. Enfin être un homme c’est rendre grâce à la femme comme source d’inspiration intarissable. C’est cela être un homme, une profondeur tragique insondable...
PS : être un homme, c'est aussi se réveiller le matin avec une gène qui sonne comme un regret, celle de ne pas avoir dormi sur le dos.
Photo d'un homme, anonyme
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