
Depuis sa parution, ce best-seller a été traduit en 45 langues et vendu à 150 millions d'exemplaires. Le livre a été traduit de l'allemand au français par B. Lortholary.
Ce roman est un peu mon livre de chevet. Impitoyable, épouvantable et bouleversant. Pour reprendre une remarque de Bernard Pivot quelque peu revisité par mes soins, je dirais « a vu de groin un chef d’œuvre ! » Un pièce maîtresse qui nous propulse dans la haute littérature, celle ou le style, la densité des mots est une composition, tout comme peut l’être l'ultime création du " monstre ".
Dès les premiers instants, le thème des senteurs s’impose :
" [un des] personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque" et dont "son génie et son unique ambition se bornèrent à un
domaine qui ne laisse point de traces dans l'histoire : au royaume évanescent des odeurs ".
Maître parfumeur compulsif.
Le parfum histoire d’un meurtrier…génial. Un esprit ou se déploie un dédale d’odeur dans lequel Jean-Baptiste n’a aucun mal à se mouvoir, puisqu'il en est le
souverain et le peuple. Une éducation du groin qui se poursuivra jusqu’à l’adolescence avant d’entreprendre le plus insensé des projets, élaboré le parfum divin surpassant toute autorité, et qui
octroie à celui qui le possède le cœur des hommes.
Un monde olfactif. Du spectre de la putréfaction à celui de la rose. Un farandole d’odeurs, certaines
tenaces, d’autres moins marquées mais, un nez toujours aussi perspicace qui va à la source olfactive aussi surement que le saumon dans l'étang qui l’a vu naître.
Jean baptiste grenouille n’a point d’odeur. C'est le maux dont il souffre et auquel il s’éveille
au fond d’une grotte du Massif Central. Il n’a pas d’âme, et se met donc en quête de s’en trouver une…
C’est avec délectation que l’on s’imprègne de la grossièreté des mœurs de l’époque, cette religiosité populaire, mais aussi le rationalisme des Lumières en vogue chez l'élite intellectuelle du XVII ème siècle. Nul doute que Patrick Süskind s’est méticuleusement documenté, comme l’aurait fait un historien, à ceci prêt qu'il ne s’est pas gêné pour gonfler un peu les traits d'une société crasseuse qui tisse le décort de son oeuvre, comme pour la rendre plus subversive.
Une adaptation cinématographique a vu le jour en 2006. Tom Tykwer a restitué une ambiance particulièrement pesante et une iconographie visuelle bien développé qui donne à son film sa dimension esthétiquement belle et épouvantable, venant par ce fait compenser notre absence d’odorat. Si les puristes peuvent être déçu, ce film est à mon sens une réussite.
- Voici le lien Teuton du site du film :
Bienvenu dans le royaume évanescent des odeurs…
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