Vendredi 8 juin 2007
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« A f r i k a t r e
k »
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Alexandre et Sonia Poussin
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(et dérive sur le l’étymologie du mot nègre)
*
Par Ostro
Pour Dyonisos...
Alexandre et Sonia Poussin est un couple français qui a réalisé
une première sur le continent Africain puisqu’il a assuré la traversée du sol africain sur toute sa longueur : débutant leur marche en Afrique du sud, ils ont tour à tour traversé le
Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi, la Tanzanie, le Kenya, en passant par le berceau de l’humanité définit par le rift éthiopien (jusqu’à preuve du contraire) en Ethiopie donc, puis ce fut le
Soudan envoûtant (triste Darfour), l’Egypte sous garde rapprochée jusqu’au lac de Tibériade en Israël qui a vu s’y baigner un certain Jésus. Pas moins de 10 pays pour un périple de plus de 14 000
km parcourus à la force des mollets et s’échelonnant sur 3 ans. Un « voyage symbolique dans les pas de l’Homme » comme mentionné sur la couverture
de l’ouvrage qu’ils ont publié. Comme il existe des zonards, il existe des « pistards », et le couple Poussin est de cette trempe !
Des épreuves insoutenables qui se mesurèrent par la peur des fauves qui
rodent et plongent dans la terreur des villages entiers, les maladies et leurs cohortes de moustiques porteur de malaria, les guerres civiles et l’épuisement addition de tant d’émotions vives.
N'omettons pas l’essentiel, le moteur de cette démarche, l’émerveillement sans doute, celui là même qui vient à bout de la morosité et terrasse une certaine fatalité du quotidien de l’homme
occidental. Une vision de l’Afrique bien loin des idées véhiculées autour de l’africain type qui crève la dalle ou du basané lambda plongé dans le chaos des guerres civiles inter-ethniques dont
rendent compte les médias. Si c’est est une réalité, l’Afrique a aussi d’autres facettes. Non Afrique ne rime pas qu’avec machette, tamtam, Malaria, marabout et Sida. L’Afrique est une vibration,
celle de peuples encore vivant dont la spontanéité devrait nous inspirer, nous occidentaux en mal d’enracinement, plus que de dépaysement. La vibration de l’Afrique, c’est peut-être cette
béatitude intra-utérine qui nous a abandonné, et bien que j’ignore si elle perdure dans le corps des occidentaux, je suis certain que l’Afrique a du cœur et j’espère que c’est-ce qui l’a sauvera.
Sa vibration mais aussi « Son émotion », comme le décrit si bien Léopold Senghor.
Cet article est dédié à mon camarade Dionysos, un jeune garçon
plein de malice, vainqueur du cancer comme d’autres sont vainqueur du tour de France, (quoi que les deux soient conciliables, en pourrait témoigner un certain Lance Armstrong) sauf que lui les piqûres lui il s‘en serait bien passé. Ce n’est certainement pas un miraculé, mais quelque un qui est confiant et qui fait preuve de résilience. Dionysos de son
vrai nom « Frank » est un amoureux de l’Afrique je crois. Je pense qu’on devrait le catapulter au milieu du parc National du Botswana, il déchanterait vite, héhé.
Parfois je passe pour un raciste par ce que j’emplois le substantif
« nègre ». En réalité l’approche est beaucoup plus esthétique qu’elle n’y parait et contraste avec la banalité et l’insipidité du mot « noir ». Ne voulant pas
entretenir la polémique, une petite remise à niveau étymologique s’impose. Légère, je le concède, mais bien utile pour éclairer notre lanterne : dérivant du portugais
« nero » ou de l'espagnol « negro » (noir), bien que le terme ibérique originel soit descriptif
« Nègre » revête une portée hautement péjorative en France. « Nègre », ou son équivalent du moins, était le terme usuel utilisé par les esclaves entre eux,
et « noire », la couleur de leur peau, pour les désigner péjorativement.
De plus l’emploi de « nègre » par certains intellectuels
du siècle des idéologies, avait pour motif de désigner l'ensemble des populations africaines ou d'origines africaines, cette fois avec une connotation positive. On parle bien
d’« art nègre ».
Une évolution similaire s'est produite aux USA avec la version anglophone du mot : «
negro » ou «
nigger » employé à outrance par nos camarades rappeurs US. Je ne me lasse pas du mot et son emploi à outrecuidance
parfois. Il est donc facile de prétendre que c’est « noir » le terme raciste, visant à reléguer à l’état d’animal le nègre en question. Pour preuve le néologisme de
« négritude » forgé par Aimé Césaire en 1935 et popularisé si j’ose dire par Léopold Sédar Senghor, et définit par « la négation de la négation de l'homme noir ». Senghor lui-même dira que la négritude est « l'ensemble des valeurs culturelles de
l'Afrique noire ». en fin de compte c’est le point de vue de celui qui l’emploi et son statut qui donnera son caractère péjoratif ou pas au dit mot. Beaucoup de colonialisme la
dedans aussi j’imagine. Parenthèse close.
Voilà ainsi s’achève l’article sur « Africa
Trek », une aventure humaine d’une profondeur insondable. Je vous invite à musarder sur le site du couple Poussin, plutôt discret, afin de glaner toutes les infos sur leur folle
échappée dont ils parlent si justement. Discret mais pas inaccessible puisque Nicolas et Sonia se propose de dédicacer leurs ouvrages. Voilà une preuve avenante qui définit bien le couple d’après
moi. France 2 diffuse parfois tard le soir des épisodes du reportage qu’ils ont tourné caméra au poing.
Je finirais en ces termes éclairés : vive l’Afrique, ses enfants sauvageons. Psalmodions les milles visages de l'Afrique,
cette femme ébène indomptable, vive les nègres et vive Kamini !
:D
http://www.africatrek.com/weblog/
Enjoy !