A b b a y e d e M o r t e m e r
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E u r e - N o r m a n d i e
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P a r O s t r o
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Mortemer la
mystérieuse
Voilà déjà quelques moments que je nourrissais la volonté de me perdre un peu dans les vieilles pierres de cette abbaye de renom. Certaines lectures consacrées à
ce lieu m'avaient interpellé, et je profitais d'une occasion pour m'y rendre. Ce voyage fut à la hauteur de mes
esperances, (Même si aucun spectre ne fit le
privilège de se montrer ce jour là ;))et de l'engouement que Mortemer suscite. Je vous en livre le récit...
Posée au cœur de la forêt de Lyons, et auréolée d’une hêtraie, les ruines de l’abbaye de Mortemer se tiennent debout dans un cadre bucolique propice au recueillement. Elles offrent l’occasion d’une promenade enchanteresse encouragée par
l’histoire intense du domaine.
L'imposante battisse de Mortemer du
XVIIIème siècle
Elle tire son nom du latin «
Mortum Mare », mer morte, en référence au vaste marécage qui inondait la région
jadis. Sa construction s’amorça en 1134, à la demande d’Henri Premier Beauclerc, premier Duc de Normandie, Roi d'Angleterre et quatrième fils de
Guillaume le Conquérant. Dès son avènement au XIIeme siècle, cette abbaye se trouve à la rencontre entre les éléments, la terre moyen de subsistance de ses occupants, l’eau et la forêt
qui l’enserre, sans oublier le ciel à laquelle elle se vouait bien entendu. Ce lieu inscrit dans un cadre naturel était l’endroit idéal pour ceux qui se consacrait à
Dieu. D’abord affilié à l’ordre des Cisterciens, Mortemer inaugura la première abbaye de cet ordre en Normandie. Les activités qui y étaient développées, offraient
la possibilité aux moines qui l’occupaient de vivre en parfaite autonomie. Un colombier, la viviculture, sans oublier la vigne et le miel produit par les moines.
Mortemer exerça un influence de premier ordre dans la région.
Malheureusement comme seul témoin de sa grandeur il ne reste de l’église du XII que quelques vestiges, ses fondations, ses quelques pans, le support du transept nord et sa rosace, le cellier et
un morceau de préau. En cheminant le long de ces pierres bavardes, on devine sans mal les proportions plus qu’honorables de l’édifice. Ces ruines parfaitement intimes avec la Nature, auraient
sans mal inspiré Chateaubriand ou un Gérard de Nerval.
Elle entama son déclin dès le 18eme siècle, et fut progressivement délaissée et
perdit de sa splendeur. Pour preuve sous la révolution française, il ne restait plus que 5 moines. Cette période houleuse leur fut fatal. Le peuple érigé contre la classe sacerdotale pourchassa
les quelques malheureux occupants, et les massacrèrent dans le cellier. Leur sang se mêla au sang de la vigne. D’après les témoignages leurs spectre se manifestent parfois afin de témoigner de
la folie des hommes. Toujours dans ce registre, on voit apparaître le fantôme de Mathilde l’Empresse (grand-mère de
Richard coeur de lion), la dame blanche locale, qui fut retenue captive par son père pendant plusieurs années. Le lieu a d’ailleurs été maintes fois exorcisé et ce jusqu’ en 1921. A ce
titre notons que l’actuelle battisse accueille dans une pièce une statue de prêtre exorciste, ce qui est assez rare et évocateur du lieu, et des nombreux phénomène de hantise s’y
rapportant.
Mathilde
l'Empresse, la Dame blanche de Mortemer
C’est dans l’actuelle bâtisse, au centre du domaine et datant de la
fin du XVIII, que se trouve un musée un peu insolite. L’effort consacré au dit musée mérite le coup d’œil. Au programme des animations pas trop mal réalisées, et un guide aux apparences de
croque mort (voir photo) qui nous mena dans les sous sols la battisse où grâce à un astucieux système audio-visuel nous avons vu les différentes scènes de la vie monastique. Sur le parcours se
trouve une petite fontaine, détournement de la célèbre fontaine Sainte Catherine qui exauce les vœux des jeunes filles désireuses de trouver un mari dans l'année. Les murs affichent beaucoup de
témoignages des nouvelles mariés reconnaissantes. Quelques légendes qui se rapportent au lieu nous ont été révélés et ce fut l’occasion de découvrir la « ganache » par
exemple, une femme lycanthrope qui aurait terrorisé la population. La visite guidée fut surtout une manière ludique et instructive de découvrir les intrigues et les intervenant qui ont fait
l’histoire de Mortemer.
Le fameux guide aux
apparences de croque mort
Au terme de la visite du musée, nous primes le temps de flâner le long de la
pièce d’eau, qui voit se reproduirent bon nombre d’espèces d’oiseau. Un vie foisonnante qui constitue un royaume de choix pour les grenouilles, les animaux et les revenants. Le temps ombragé
s’est révélé être une aubaine car il donna une prestance à la fois lugubre et merveilleuse contribuant grandement au charme du site.
Statue rare d'un prêtre
exorciste
De cette balade je retiendrais le caractère quasi irréel du site qui lui
confère son côté mystique : Mortemer la mystérieuse
semble suspendu dans le temps, et ci certain y voient les marques du passé, Mortemer se veut être une invitation à la contemplation…