A l i m e n t a t i o n
:
l e s r a v a g e s
d u s u c r e r a f f i n é
* * *
" L a d r o g u e l u c r a t i v e
d e s i n d u s t r i e l s "
* *
« Il n’y a aucune évidence d’un lien entre la consommation de sucre et le diabète. » a déclaré le responsable de l’Association américaine des
diabétiques. Un tel revirement, contraire à toutes les données scientifiques, serait-elle lié au fait que son association venait de recevoir une très généreuse
donation d’un fabricant de boissons gazeuses sucrées ?
Ne faisons pas de mauvais esprit car il aurait aussi pu toucher des subventions d’un fabricant de jus d’orange : en moyenne, les jus de fruits « sans sucre ajouté
» contiennent l’équivalent de 17 morceaux de sucre par litre (avec des pointes pour le jus de raisin ou de pommes) !
Mais soyons sérieux deux minutes car le sucre fait des ravages ! « Une étude menée à l’université de Loma Linda, aux Etats-Unis, a
montré que la capacité de défense de nos globules blancs était inversement proportionnelle à la quantité de sucre blanc ingéré. Une piste qui pourrait expliquer les affections à répétition (ORL
en particulier) dont souffrent les enfants avides de sucreries. » note par exemple le magazine Psychologies.

Mais peut-être nous faudrait-il avant tout préciser, pour éviter tout dérapage qu’ il y a sucre et sucre. Il y a le sucre industriel raffiné
(qu’il soit blanc ou roux, de betterave ou de canne à sucre, c’est de la saccharose !), un concentré de calories vides de tout minéraux, vitamines, enzymes ou oligoéléments pourtant
indispensables au métabolisme, que l’on retrouve partout et qui fait la joie des dentistes et le malheur des estomacs. Et puis il y a le sucre complet ou intégral
biologique, directement issu de la canne à sucre, riche en nutriments, qui protège des caries et fortifie l’organisme. Bien évidemment, vous ne trouverez pas ce dernier dans les rayons
des hypermarchés ou les préparations industrielles…
Un autre que vous ne trouverez pas en rayon, qui remplace le sucre dans nombre de préparations et de boissons industrielles et qui serait le
premier responsable du boom de l’obésité au niveau planétaire ? Vous avez trouvé, il s’agit bien du sirop de glucose-fructose ! « Depuis l’introduction du HFCS dans les
sodas, le taux d’obésité des adolescents américains est passé de 6% à 16% » note William Reymond dans son livre Toxic.
Produit à partir de maïs, le High Fructose Corn Syrup (HFCS) est tout bénéfice pour les industriels : il représente un débouché pour le maïs
(la plante la plus polluante à produire), se conserve plus longtemps, se mélange mieux et est surtout bien moins cher. Bénéfices pour le consommateurs ? Zéro ! Le HFCS est
loin de contenir les vitamines et les sels minéraux du bon vieux sucre de canne !
« Si ce sirop n’a pas encore totalement envahi l’alimentation européenne, c’est parce que les institutions de Bruxelles mènent une politique de protection de
l’industrie sucrière traditionnelle. Ainsi, tout édulcorant contenant plus de 10% de fructose est soumis à un quota. » précise William Reymond. Nous voilà rassurés : Bruxelles ne
vise pas à la santé publique mais simplement à préserver le profit des industriels et des betteraviers !
Chaque Français consomme 3,3 kg de bonbons par an. Il faut déjà un appétit solide lorsque l’on sait que les bonbons gélifiés contiendraient, par exemple, de la
gélatine d’origine animale fabriquée à partir d’os et de peaux de bovins ou de porcs… Sans parler des arômes artificiels et de colorants de synthèse… Mais on change
de sujet (on y reviendra) et pour faire le plein de sucre raffinés et favoriser l’hyperactivité des enfants, les bonbons du grand commerce restent l’idéal.
Un petit peu de science pour recadrer le débat… En règle générale, les produits industriels et raffinés renferment moins de nutriments que les produits frais et
possèdent un indice glycémique (IG) plus élevé. L’indice glycémique est lié à la mesure du taux de glucose sanguin : un aliment possédant un IG élevé (supérieur à 70) provoquera une montée
rapide du glucose dans le sang (on parle ainsi de « sucre rapide ») et la production d’insuline dans le pancréas (le « pic d’insuline ») pour tenter de résorber ce trop plein de
sucre.
Si l’insuline réussit son travail, le taux de sucre chutera fortement, avec le risque de se trouver en hypoglycémie et l’envie de manger à
nouveau (bien pratique pour le business !). « Les hausses et les baisses brutales de la glycémie sanguine […] entraînent presque toujours un état de dépendance alimentaire. »
précise un article du magazine gratuit Biocontact que je recommande soit dit en passant pour son objectivité.
www.biovert.com/kiosque/biocontact/pages.htm#bio
Mais à la longue, surtout si la consommation est pauvre en fibres, le pancréas se fatigue et une résistance à l’insuline se développe. Le terrain est alors
propice au développement du diabète et de la surcharge pondérale, avec un risque accru de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Les graisses ont été victimes d’une
injustice : ce sont les sucres raffinés les coupables !
Les aliments à IG très élevés (plus de 100) sont le glucose (sans surprise) mais aussi le riz précuit instantané, les confiserie, les corn-flakes (et oui !), les
pommes de terre frites ou en purées, le miel,… Dans les aliments à IG élevés (plus de 70), on retrouve les soda, les barre chocolatée, les viennoiseries, la baguette, le flan, le sucre blanc,
la pizza au fromage, les flocons d’avoines, les pâtisseries, le riz blanc,… Bref, une grande majorité de produits industriels dont on nous vante les bienfaits à
longueur de pub, notamment dans les émissions pour enfants. Quand je vois certain de mes amis s'empifrés à outrance comme j'ai pu le faire moi même plus jeune, je me dis que c'est un
catastrophe !
Tout n’est évidemment pas à jeter dans les aliments à IG élevés : le miel, par exemple, peut être très bénéfique à doses raisonnables et constitue également une
bonne alternative au sucre blanc (de même que la mélasse ou le sirop d’érable). Malgré une forte teneur en glucide, il a une moindre incidence sur la glycémie que les sucres simples du fait de
sa teneur élevée en fructose et en vitamines. De même, il n’y a aucun problème à se faire plaisir de temps en temps. Ce sont les abus qui posent problème… et dieu sait s’il y en a : l’obésité tue davantage en France que les accidents de la route et le sida réunis ! Sachez le. Ne vous trompez pas d'ennemis.
E t m a i n t e n a n t , q u e f a i r e ? ! ?
T'inquiète mon caneton Ostro s'occupe de tout !
C o n c r ê t e m e n t :
-Manger des fruits frais qui contiennent du fructose nous dit l'homme sanglier !
-Dans vos préparations remplacer le sucre raffiné par des sucres organiques.
-Utilisez du bon miel bio. Beaucoup de variétés pour tout les palais !
-Contournez les produits raffinés et transformés, communément appelé "plats préparés" (EVITEZ TOUTES LES GRANDES MARQUES en règle générale)
Inutile de stresser et de devenir foodamentaliste. Le bon sens voudrait que l’on s’oriente simplement vers les produits ENTIERS LES PLUS COMPLETS (en Bio si l’on
veut éviter la concentration de pesticides) et les moins raffinés possibles. Cela coûte trop cher ? Hahaha ! Jme gausse ! FOUTAISE ! :D Au contraire ! Le
rapport qualité/prix est bien meilleur (voir la démonstration sans la section Aliment’Action)
Le glucose est indispensable à l’organisme mais la préférence devrait aller vers les sucres lents. On trouve dans les magasins bio des bonbons, des chocolats
(noir) et des biscuits de qualité, sans parler du sucre complet qui est délicieux ! Une mention spéciale pour sucre de Palme organique, toutefois pas évident à trouver. Le infiniment plus
dangereux que le sucre blanc. Nous en reparlerons…
Le Mendiant
Le pire n’est pas une fatalité. Parlez-en autour de
vous…
Alimentation: Les ravages du sucre industriel 2007 © Benoît Saint Girons
Dessin Jean Philippe Combaz ©
Satoriz
Sources :
Sucro-dollars, Pratique de
Santé N°31, 4 juin 2005, p2
Le sucre autrement, Psychologies magazine N°262, Avril 2007, p. 222
Bonbons bio : oui, mais pas à gogo, Quelle santé N°11, Décembre 2006, Lise Delord, p.22
60 millions de consommateurs, Avril 2005
La malbouffe rend-elle dépendant, Biocontact N°167, Mars 2007,
Claudine Richard, p. 51
Le dossier du Mendiant sur l’Aliment’action
Toxic, William Reymond, Flammarion, 2007